Marc Bergeron et le métier de fleuriste

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Marc Bergeron et le métier de fleuriste

Par Johanne Martel AIFD CAFA

Nous avons le privilège immense de vous présenter une interview avec un pionnier de l’art floral québécois : Marc Bergeron.

Avec plus de 40 ans de carrière, il possède une connaissance profonde de notre industrie. Marc est une personne discrète et humble. C’est dans cet esprit qu’il nous partage sa vision de notre profession. Et combien encore et toujours il apprécie le métier de fleuriste qui a choisi.

AFpro : Pour les gens qui nous suivent, peux-tu nous décrire ton parcours ?

Au départ, je ne me dirigeais pas dans une carrière de fleuriste, je voulais devenir agent de conservation de la Faune. Par un hasard de circonstance, je suis allé aider ma mère dans sa boutique et, au fil des années, j’ai fait des rencontres extraordinaires avec des fleuristes extraordinaires qui ont éveillé cette passion en moi.

J’ai été invité par Pierre Schilling. J’ai vu ce qui se fessait en Europe, j’ai travaillé avec plusieurs Maîtres et j’ai aussi rencontré monsieur Peter Hess qui m’a partagé sa vision du métier et qui est devenu pour moi comme un deuxième père.

AFpro : Au fil du temps, tu as aussi participé à plusieurs concours de fleuristes, peux-tu nous en parler ?

Dans les années 80 et 90, nous avions Fleurs Cananda, FTD, Téléflora, on avait plusieurs associations des fleuristes. Ils organisaient des concours et des événements. C’était un challenge !

 Nous étions un petit noyau, l’on se motivait les uns les autres. Les plus vieux vont se souvenir de la saine rivalité que j’avais avec madame Hélène Marcotte ! C’était quelque chose de fort, c’était de beaux moments !

Il y avait aussi Pierre Méthot qui était une personne réellement inspirante, Denis Lapierre, et bien d’autres aussi… Bref, ce sont tous des gens qui ont marqué ma carrière et le visage de la fleuristerie québécoise.    Ce fut pour moi des mentors.

AFpro : Il n’en reste malheureusement plus beaucoup… mais maintenant tu es devenu un mentor toi aussi !

Nous avons de moins en moins de tribunes pour faire rayonner notre métier. Et pourtant du talent au Québec il y en a, c’est incroyable ! Mais ces gens-là n’ont plus de tribunes pour s’exprimer. Ils sont dans leur magasin… et je trouve que c’est dommage.

AFpro : Moi et Isabel on travaille fort pour ramener cette plateforme pour que tout ce talent puisse s’exprimer. Pour que tous les intervenants puissent de nouveau bâtir ensemble. Je crois que le Land Art est un bel endroit pour s’ouvrir et découvrir de nouvelles pistes, sortir de sa zone de confort.

Le Land Art, plusieurs vont dire que l’on est des « taponeux » de branches, mais c’est plus que ça. Le Land Art c’est apprendre à connaitre la nature, les textures, les mouvements, comment ça pousse, comment s’exprime les matériaux. Tout cela est à la base de notre métier.

 À chaque fois que je fais un Land Art, c’est comme si je suivais un cours de base intensif, avec des gens super intéressants. Il y a là du talent à revendre ! Nous avons l’équipe de Russie qui vient de remporter la Coupe d’Europe ! Il y a Peter Hess qui a une école de Fleuristerie reconnue à travers le monde, nous avons Anson Low qui a une école à Singapour.

Afpro : C’est une chose que l’on remarque de toutes ces personnes de grand talent, leur côté humble et généreux !

C’est fascinant de voir comment ces gens qui sont des sommités dans leur pays sont accessibles ! Il n’y a pas de têtes enflées !   Il y a parfois la barrière de la langue, mais on trouve toujours le moyen de communiquer !

Afpro : Depuis combien de temps fais-tu du Land Art ?

Puis-je prendre plus de temps ? Mon premier Land Art date du temps de Guy Lorrain de Floracom International qui m’a appelé pour savoir si je voulais faire une compétition en Europe.

 J’ai dit oui. Il y avait deux conditions : je devais m’auto financer et trouvé un partenaire. Je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais…

J’ai trouvé comme partenaire Daniel Levasseur de Fleuriste Beauchesne. Se financer a été compliqué parce que personne ne comprenait ce que l’on allait faire, mais on a quand même réussi !

On part en Suisse, on arrive là-bas et la première personne que l’on rencontre est monsieur Peter Hess. Avec son chapeau de cowboy et sa grande barbe, moi et Daniel on ne savait pas trop quoi penser ! Ensuite, on rencontre l’équipe norvégienne… et là on s’est vraiment demandé ce que l’on fessait là !!!

Je me souviens, c’était épeurant ! Sur le coup, moi et Daniel on s’est demandé si l’on devait repartir, on a décidé d’y penser alors on est allé s’acheter une caisse de bière ! On retourne à l’hôtel et après quelques bières, on se rend compte que l’on ne veut pas rentrer bredouille au Québec.

Il y avait tous ces grands artistes internationaux, on était complètement déculotté, mais on a décidé de rester !   Daniel avait dans sa valise une carte de sa mère et sur cette carte, il y avait un nid. Je vous passe tout le processus, mais nous avons passé la semaine là-bas et nous avons fait un nid.

Nous avons remporté la première place publique et la deuxième place au jury. Nous sommes rentrés gagnants. Ça a commencé comme ça. Si c’est arrivé, c’est que l’on a eu l’instinct d’y aller et de faire de notre mieux malgré qu’on a eu peur et qu’on ne se sentait pas à notre place.

AFpro : Je crois que les fleuristes, nous avons cet instinct. Peut-être qu’on ne l’écoute pas suffisamment ?

La vie va vite aujourd’hui, on est plus dans les années 80. Le travail est différent, le business est différent, les coûts d’opération aussi. Les magasins sont ouverts sept jours sur sept…

Les fleuristes n’ont pas beaucoup le temps de s’écouter et de socialiser entre eux. Je crois qu’il faut le provoquer. Juste faire du social et réaliser qu’il y a plein de gens intéressants autour de nous.

Au cours de mes formations, j’ai découvert des fleuristes extraordinaires, je pense entre autres à une fleuriste au Lac Mégantic qui a beaucoup de potentiel, mais qui est dans sa boutique, sans plus.

Merci Marc, pour cette entrevue. 

Une entrevue inspirante avec des pistes pour nous, fleuristes d’aujourd’hui. Trop souvent on entend et inconsciemment on alimente des aspects négatifs du métier.

Cette entrevue dégage l’amour du métier de fleuriste et ce qui peut faire la différence dans notre parcours. Nous avons toujours à notre portée de devenir des gens inspirants. Des gens fiers qui s’activent pour rendre accessible une qualité de produits et services. Bien entendu tout en étant rentable avec simplicité et créativité !

Des questions et commentaires

En portant attention à votre propre parcours, passés ou futurs que vous envisagez. Quel est ce qui vous permet d’avoir le sourire et de faire rayonner votre métier de fleuriste ou d’artisan floral autour de vous ?

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By |16 septembre 2018|0 Comments

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