Se faire traiter de vieilles branches…

Entrevue avec Jean Guillet par Isabel Harrisson

Dans le cadre du Land Art international à Saint-Jean sur Richelieu, Québec, Canada, le Blog Art Floral Pro (BAFpro) a eu la chance d’interviewer plusieurs artisans floraux et artistes prenant part à ce fabuleux projet.

Dans la foulée, nous ne pouvions passer à côté de Jean Guillet, artisan floral québécois renommé, propriétaire de la boutique Fleur Jean Guillet et instigateur de l’événement, pour le 350e de la ville de Saint-Jean sur Richelieu. Dans cette vidéo, monsieur Guillet (JG) nous parle de son expérience de landardiste, et nous présente sa vision du matériel et de ce qu’il en retire dans son travail quotidien.

BAFpro : Vous êtes nouveau dans le domaine du Land Art, comment avez-vous découvert ce médium?

JG : En 2014, monsieur Marc Bergeron avec qui j’ai déjà travaillé sur plusieurs événements par le passé, m’a invité à participer à un Land Art à Grindelwald, en suisse. J’étais fébrile de dire oui, puisque c’était un univers qui m’était inconnu mais, ce fut une expérience extraordinaire que je recommande à tous ceux qui ont un esprit créatif, qui veulent vivre un défi et apprendre de nouvelles choses. À mon retour, il y avait déjà des préparatifs pour le 350e de Saint-Jean sur Richelieu et j’ai fait des démarches pour qu’un Land Art international puisse en faire partie. Lorsque la proposition fut acceptée, Marc Bergeron et Peter Hess ont appelé et créé les équipes et c’est ainsi que ce projet à démarrer.

BAFpro : En parlant avec les diverses équipes, on comprend que faire du Land Art crée une connexion avec la nature. Nous aimerions savoir ce que cette connexion t’apporte.

JG : Plus maintenant dans ma vie je verrai les branches de la même façon! C’est devenu pour moi un matériel noble. Quand on fait du Land Art, on dit que les branches nous parlent, leurs formes leurs courbures, leurs couleurs… ces matériaux qui sembles anodins, mais qui peuvent devenir un art en soi! Et, je crois qu’en 2016, les gens doivent savoir qu’un bout de bois n’est pas juste un bout de bois et peut devenir tellement plus. Si, avec le Land Art, on peut montrer à tout le monde à quel point notre nature belle et versatile, et que si une, dix, cent personnes ont ensuite envie d’appliquer ce principe, ce sera un pas important que nous aurons franchi pour l’environnement et les futures générations.

BAFpro : Pour nos auditeurs, nous aimerions savoir ce que vous retirez du Land Art et comment vous l’appliqué dans votre travail quotidien d’artisan floral?

JG : Tout ce qui vient de la nature est matière noble et en plus, facile à obtenir. Il s’agit de les inclure dans les compositions que nous faisons, autant dans les pièces de décès que dans les bouquets de mariées, selon l’atmosphère que l’on veut créer. Aussi, il faut oser! Il faut se donner la permission de sortir des sentiers battus et de laisser libre court à son esprit créatif. Il faut écouter son cœur et se lancer, en présenter, motiver ses équipes, se trouver des moments pour expérimenter… Peut-être que ça ne fonctionnera pas du premier coup, mais peut-être serez vous un pionner! Imaginé toutes les splendeurs que l’on peut faire avec quelques bouts de bois!

BAFpro : Merci, Jean Guillet, d’avoir partagé avec nous votre vision du Land Art.

Savoir oser se mettre en danger!

C’est le secret le moins bien gardé du monde, mais il fait PEUR! Car sortir de sa zone de confort en Art floral est inquiétant et déstabilisant, MAIS combien est grande et profonde l’enseignement et les retombées. Le LAND ART est un bel exemple de démesure, car à partir de branches et autres matériels de la nature, laissés pour compte au sol, il se créer des œuvres impressionnantes et accessibles à tous.

Vous savez dans la vie, je préfère penser à utiliser favorablement, dans mes compositions, de vielles branches, que de me sentir comme une vielle branches, qui craque et ronchonne pour tout et pour rien!

Des commentaires sur le contenu de cette entrevue?

Cette entrevue s’accorde-t-elle à votre mode de pensée?